Il arrive qu’on dresse artificiellement web et bibliothèque l’un contre l’autre. En réalité, ils ont beaucoup en commun. On pourra certes leur trouver des différences, mais on reconnaîtra aussi qu’ils sont reliés par quelque chose de fondamental, l’idée du partage. L’idée qu’une société n’avancera jamais autant que si l’on offre à chacun un accès libre aux ressources nécessaire à la création.
Quand je sors de ma bibliothèque avec un sac rempli de livres, de films et de musique, je me sens reconnaissant. Pardonnez la candeur de ce sentiment, mais c’est réellement ce qui se passe. Je n’ai rien payé, et pourtant ce n’est pas gratuit. La culture n’a rien de gratuit.
Or c’est aussi l’impression fautive que laisse Internet. Tout y est en accès libre, du moins pour ceux qui savent chercher. Le cinéma et les séries, la musique, la littérature : tout est téléchargeable, copiable à volonté, gratuitement. Je ne porte aucun jugement de valeur, mais on appelle ça du piratage quand même.
Beaucoup de gens pourraient avoir la sensation qu’il est le seul moyen d’accès à la culture gratuite si jamais ils perdaient de vue que les bibliothèques existent. C’est ce qui arrive pourtant. Les bibliothèques ont raté le virage d’Internet où -ironie du sort- les gens passent un temps considérable. Elles rattrapent timidement leur retard mais leur présence active sur les réseaux sociaux débute à peine. Elles ont besoin d’un coup de pouce. Et après tout, quoi de plus normal après tous les services qu’elles rendent? C’est presque une question de karma.
#giveback
Il existe beaucoup de façons d’aider les bibliothèques, que l’on soit professionnel ou usager. Dans ce billet, je n’en aborderai qu’une, très simple. Elle nécessite seulement un compte Twitter.
L’idée est de créer un hashtag de toute pièce qui soit une manière de faire exister la bibliothèque en tant que lieu où l’on accède à la culture facilement, tout comme Internet. Le voici le voilà :
D’une manière ou d’une autre, il s’agit de l’utiliser dès que l’on fait référence à un livre, un film ou un album emprunté à la bibliothèque. On peut l’employer ce cette façon (mais ce n’est qu’un exemple) :
@AntonyMerle: maintenantlisant “La conjuration des Imbéciles” de J.K Toole #PrisEnBibliotheque
Le maintenantlisant est un clin d’oeil à nowplaying, nowlistening, nowreading, (etc) qui sont fameux sur Twitter. Cette combinaison a aussi l’avantage d’amener logiquement le nom de l’oeuvre ainsi que le hashtag #PrisEnBibliotheque. D’autre part, elle se décline : maintenantécoutant, maintenantregardant…
A ce stade, on se rend assez bien compte que Twitter est d’ascendance anglosaxonne : son caractère concis convient plus naturellement à l’anglais qu’au français. Mais je trouve aussi qu’il est un certain charme à détourner les hashtag et à en inventer d’autres, nés sous le haut patronnage de Molière cette fois-ci.
Une image vaut mieux qu’un long hashtag
Pour les possesseurs de smartphone, il est encore plus facile d’insérer une twitpic à la place du titre de l’oeuvre. C’est encore plus accrocheur il me semble ; d’ailleurs, ne choisit-on pas les livres par leur couverture?
Dernière précision : je pense qu’il est important de respecter la casse (les majuscules) pour plus de lisibilité. Voyez plutôt :
#PrisEnBibliotheque #prisenbibliotheque
Postérité
Je ne m’attends pas à ce que #PrisEnBibliotheque passe dans les trending topics d’ici à ce que Justin Bieber tombe dans l’alcoolisme et l’oubli. Mais je pense qu’il peut se répandre progressivement parmi la communauté accueillante des twittos et vivre sa vie. Surtout, il peut ramener des gens vers la bibliothèque alors même qu’ils l’avaient oubliée : je pense aux jeunes adultes en particuliers.
En guise de baptême, je me rue sur mon téléphone et gazouille mon premier #PrisEnBibliotheque! A vous de jouer :)
@AntonyMerle: et maintenant il va falloir trouver le temps de lire tout ça \o/ #PrisEnBibliotheque http://yfrog.com/kgib8bjj