Oh my code!

On attendait beaucoup des QR codes en bibliothèque. Mais jusqu’ici les résultats n’ont pas été à la hauteur des attentes: chasses au trésor (de QR code en QR code), informations pratiques, renvois vers des critiques de livres ou vers le catalogue… En réalité les usages sont tellement confidentiels qu’ils découragent les professionnels. 

Pourtant, en dehors des bibliothèques, smartphones et QR codes prolifèrent.

Qu’avons-nous donc raté? 

Il faut bien garder à l’esprit que l’intérêt du QR code est de pouvoir établir un lien permanent et physique vers une information numérique qui change régulièrement.

Expliquons-nous. Avec l’instauration des journaux gratuits dans les transports en commun, les usagers ont pris l’habitude de lire les nouvelles pendant leurs déplacements. Pourquoi alors la bibliothèque ne leur proposerait-elle pas, sur chaque abribus ou arrêt de tramway, un QR code unique renvoyant vers (au choix):

- une revue de presse récapitulant l’actualité de la semaine. 

- une série de courts-métrages pour courts trajets.

- l’oeuvre d’art de la semaine accompagnée de quelques mots d’explication. Ce cliché proviendrait de la collection de musées locaux afin de les valoriser. 

En somme, un seul QR code à flasher en attendant son bus pour avoir accès à des contenus brefs, adaptés à des trajets courts et constamment renouvelés. 

La lecture des quotidiens gratuits offre à l’usager un flux d’actualités chaudes et continues, tandis que la revue de presse des bibliothécaires lui permet de faire le point sur les principaux événements de la semaine. C’est dans la sélection de l’information par le bibliothécaire que réside la valeur ajoutée du service. 

Ce QR code à flasher sera accompagné d’un mode d’emploi très succint (mentionnant la bibliothèque comme auteur, expliquant le contenu proposé et son renouvellement hebdomadaire). La cible reste ici les usagers déjà aguerris à ce type de pratiques, essentiellement les adolescents. Ce n’est en effet pas en quelques mots sous un abribus qu’on convertira les publics non familiers de cette technologie à son emploi!

Dans un autre ordre d’idées, le QR code peut être l’occasion de faciliter la vie de l’usager au quotidien. Imprimé systématiquement sur les cartes des usagers, il leur permet, une fois flashé, d’avoir directement accès à leur compte de lecteur sur leur téléphone sans avoir à ouvrir leur ordinateur, à se connecter au site de la bibliothèque, à entrer leur login et leur mot de passe… qu’ils ont forcément oubliés! (Attention à avoir une version mobile du site pour une lecture optimale). 

Enfin, en guise de conclusion, le QR code peut être ponctuellement employé dans certaines expositions. Imaginons, par exemple, que l’oeuvre The Destroyed Room de Jeff Wall soit présentée au public. L’artiste a élaboré la composition de sa photographie en s’inspirant de La Mort de Sardanapale de Delacroix. Un QR code peut donc permettre au visiteur d’avoir sous les yeux une référence qu’il n’a pas nécessairement en tête.